Amour Anarchie

 

accoudé au comptoir
les yeux dans le zinc
lustré et brillant
me transporte
comme un miroir
ici ou ailleurs
fendre la mer celtique

ne pas oublier de se créer
une existence féerique
car la vie est si importante
vivre pour vivre
et non pour survivre
parfois se protéger
ignifuger ses sentiments contre
les flammes de l’enfer
le vent de la folie
les souffrances brûlantes
de la colère des autres
se fondre dedans
ne pas hésiter
à rentrer à l’intérieur
des choses
bousculant notre âme
Ne pas avoir peur de tomber
Puis de se relever
et d’expulser sa vanité
face aux lumières dans la nuit
Les yeux
en direction du Ponant

la nuit
penché au bord d’une étoile
j’observe la terre
telle qu’elle apparaît dans sa nudité
la plus profonde
le globe tourne
à une vitesse effrénée
et j’entends cette mélodie au loin
lente douce et profonde
cette musique chaude
dont le rythme s’accélère
c’est le pouvoir sacré
des pulsations électroniques
se glissant le long des ondes

la pluie inonde la terre
il neige sur le monde
un vent souffle sans répit
au sommet des montagnes
éternelles
sous un soleil de plomb
ou les pieds sur le bitume
d’un aéroport abandonné
au beau milieu
d’une jungle brûlante

On se retrouve tous un jour
dans la lointaine clairière
où se dresse un dolmen
pointant le vaste univers

ici ou ailleurs
n’a plus d’importance
seules comptent
les subtiles vibrations
de ton corps
ton abdomen
tes bras
tes jambes
envie charnelle
au son du beat
underground
et du repeat
fade in
on pleure
fade out
on crie
dans tout l’écoumène
l’énergie du lieu laisse place
aux sentiments de l’inconscient
depuis des mois
l’on danse en quarantaine
alors les pulsations rapides
les rythmes infinis nous élèvent
au-dessus des séquoias géants
et du monde croulant
sous les dictatures
sortons les tablatures d’espoir
la danse
énergie liberté résistance
lieu utopique
mais pas seulement
le son
vecteur politique
se faufile partout
s’étale
au-delà de l’érème
et dans toutes les failles
gouvernementales

tous ensemble
créons l’équation universelle
imparfaite
et de nos corps en chaleur
et de ne nos pas sur le sol
une sueur commune ruisselle
sueur de la révolte
n’ayons pas peur de dire
non à l’obscurité
de prédire les luttes
à venir
combattons le Sisyphe en nous
l’heure est venue de livrer bataille
contre l’avenir
semons des graines de guerriers-poètes
en laissant derrière nous
Sur une route de flammes et de cendres
l’Homme avorté
et faisons place
non sans douleur et difficulté
à l’Homme révolté

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