L’on oublie parfois…

L’on oublie parfois toutes ces années
Nos pieds s’enfonçant dans l’humus
À creuser des tranchées jour après jour

Ces années qui défilent,
et ce temps qui détale
S’enfuyant loin du souffle
de tous les vents du monde

Face à l’autre, toujours
Aimer ses cicatrices
Et sourire un peu
De notre malheur

Enfouis à l’intérieur
Les rires de l’enfance
Plus tard
Les larmes de l’amour
Les blessures de guerre
Les larmes de la mort
Puis, rien — seulement
La sécheresse d’un corps meurtri
Et des souvenirs un peu vieillis
Que l’on veut vite oublier

Mais nous saurons peut-être un jour
Quand nous atteindrons l’âge
Des arbres
Le corps devenu
Écorce
Oui, nous comprendrons
L’amour est toujours plus fort
Que la mort en treillis

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