Ces mots en nous

Je pense aux voyages, à la vie sur la route
Accoudé au comptoir, à observer le soleil tirer sa révérence, je me dis…

Les mots, que l’on garde en soi,
nous absorbent
Brassent toute la folie du monde,
ces mots entêtants
vicieux
opportunistes

Les mots,
sont aussi tranchants qu’un glaive
tout juste aiguisé,
Écoute-les en toi
Ceux qui se fendent sur le rivage
Font couler la sève
Et transforment tes pensées
en glaise à pétrir

Les mots,
nous font ressentir
lignes et courbures le long d’un corps
Les mots nous déshabillent, changent notre regard,
sont remplis de conséquences
Dans les mots se cachent les démons sauvages
ceux qui travestissent la réalité

Quand le livre se ferme
tes lèvres sèches soufflent la bougie
Alors s’endort le réel
et dans le noir du monde,
seules les illusions —
Demeurent
— C’est ainsi que meurt,
la plénitude, et le vent
fait voler la glycine
sous l’écho des mots cachés
Près de ton cœur, se dissimulent
les paroles vipérines

Il faut aller au-delà des maux
Desserrer les noeuds d’une vie trop serrée
Ne pas prolonger nos absences
Suivre les voies ferrées
Mettre en terre les graines de la renaissance
Sans cesse labourer les phrases
Les sillons de vie qui nous irriguent
Inventer de nouveaux mots
pimenter cette incessante intrigue
pour combattre la sénescence

Il faut se souvenir
Des choses aimées
Des disparus,
Des ombres vivantes
Car, c’est dans l’aube, et sous l’œil de nos morts,
que nous renaîtrons vivants et entiers

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